« Restaurant de qualité », un enième label…

« Restaurant de qualité », un enième label…

Alors que les crises alimentaires se multiplient, le Collège culinaire de France, composé d’une quinzaine de grands chefs français, sous la...


Alors que les crises alimentaires se multiplient, le Collège culinaire de France, composé d’une quinzaine de grands chefs français, sous la présidence d'Alain Ducasse et de Joël Robuchon, a révélé lundi 8 Avril son premier grand projet : le label "Restaurant de qualité".

Label "Restaurant de qualité", les principes

Selon Périco Lacasse, chef cuisinier membre de l'association, ce label permettrait de distinguer "des maisons dirigées par de vrais restaurateurs proposant de la vraie cuisine faite par de vrais cuisiniers" des "guignols du ragoût". Le Collège culinaire de France désire valoriser les restaurants faisant preuve "d'authenticité" et "d'hospitalité". Alain Dutoumier, également chef cuisinier membre de l'association définit l'authenticité comme le travail de produits "naturels", "vrais", "frais", et "de région", sur place. Une idée plutôt séduisante sur le papier...

Les dessous du label "Restaurant de qualité"

Lorsque l'on s'intéresse de plus près au nouveau label, certains points sont dérangeants.

Premièrement, c'est un label de plus qui s'ajoute à ceux déjà existants, de quoi perdre le consommateur. De plus, à l'inverse du label "Maîtres restaurateur", par exemple, l’appellation du Collège culinaire de France n'est pas reconnue par l'Etat.

Deuxièmement, parmi ces grands chefs cuisiniers qui font l'éloge de la cuisine authentique, plusieurs travaillent pour le compte de grands groupes alimentaires industriels. C'est par exemple le cas d'Alain Ducasse, partenaire des industriels Brake (leader en France de la nourriture surgelée pour restaurants) et de Sodexo, ainsi que de Thierry Marx qui travaille pour Danone. Peut-on légitimement clamer le retour du "fait maison" lorsque l’on collabore soi-même avec l'industrie agroalimentaire ?

Troisièmement, l'attribution du label "Restaurant de qualité" sera basée sur la déclaration volontaire des restaurateurs, moyennant une cotisation mensuelle de 30€/mois. Si « l’hospitalité » sera contrôlée par les votes des consommateurs sur internet (le restaurant devra afficher un score minimum de 75% de clients satisfaits), le contrôle de « l’authenticité » reste très flou : étrange pour un label qui prône la transparence…

Enfin, on peut se demander si ce label n'est pas une diversion face à une nouveauté législative en préparation : l'obligation pour les restaurateurs de signaler sur leur carte les mets industriels. Disposition qui doit figurer dans la nouvelle "loi consommateur", prévue pour ce mois de mai.

Restaurants de qualité, comment les reconnaitre ?

Aujourd'hui on estime que 70% des plats servis dans les restaurants français sont industriels, pas étonnant que l'image de la gastronomie française se détériore auprès des visiteurs étrangers ! Si l'on comprend bien l'enjeu du "fait maison" pour la restauration française, on peut tout de même s'interroger sur la pertinence de la création d'un énième label...

En attendant une législation moins floue (pour des assiettes plus transparentes), n'oubliez pas : évitez les restaurants qui proposent une carte trop fournie, ainsi que ceux qui proposent des ingrédients hors-saison. Derrière ces enseignes se cachent bien souvent des plats industriels.

Logo Label restaurant de qualité

Sources images : www.alvinet.com & www.restaurantdequalite.fr

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